• Journaliste: Bonjour, il me fait plaisir de vous rencontrer sur Internet. Comme première question, je voudrais que vous m'expliquiez ce qu'est l'inspiration pour vous?

    Réponse: Pour moi, l'inspiration c'est magique. Je suis convaincu que c'est extérieur à moi. J'ai souvent l'impression que je suis connecté avec des personnes invisibles qui me murmurent des idées à l'oreille que je traduis sur mon clavier d'ordinateur.

    Journaliste: Pourquoi écrivez-vous?

    Réponse: Parce que c'est essentiel pour moi autant que de respirer.  J'ai toujours écrit depuis que je suis capable de composer des phrases. Je ne pourrais pas voir la vie autrement.  J'imagine que c'est ça la passion.

    Journaliste: Lorsque vous débutez l'écriture d'un roman, dressez-vous un plan de travail?

    Réponse: Lorsque j'ai écrit mon premier roman «Comme un chien dans un jeu de quilles!» je n'avais pas de plan de travail. Je me suis aperçu que c'est préférable d'en avoir un et c'est ce que j'ai fait lorsque j'ai écrit mon deuxième roman «Un drôle de pigeon!».

    Journaliste: Est-ce qu'un plan de travail peut nuire à la créativité?

    Réponse: Le plan de travail est là pour dresser un fil conducteur, orienter le sujet qu'on désire développer, construire l'action, savoir où on s'en va mais il faut accepter de le modifier en cours de route, de se laisser influencer par les sautes d'humeur des personnages pour justement laisser de la place à l'imprévu, l'inspiration et la créativité.

    Journaliste: Lorsque vous avez écrit vos deux romans connaissiez-vous la fin avant de commencer?

    Réponse: Oui. Ce serait difficile d'écrire sans imaginer la fin puisque c'est la bouée de sauvetage qui évite que je me perde.  La fin aide aussi à construire l'intrigue. Par contre, je ne sais pas si j'écrirai toujours en imaginant la fin avant de commencer.

    Journaliste: Vos deux romans abordent des sujets assez difficiles et parviennent malgré tout à nous amuser en les traitant avec humour. Pouvons-nous dire que c'est votre style?

    Réponse: Je ne sais pas si c'est mon style. Je peux vous dire par contre que je m'inspire de la vie pour écrire. Et dans la vie, c'est important de dédramatiser nos malheurs en se servant de l'humour. Vous savez il ne faut pas prendre la vie au sérieux, personne ne s'en sort vivant!

    Journaliste: Je crois que vous venez de répéter  une réplique de votre premier roman.

    Réponse: Oui.

    Journaliste: Dans vos deux romans, qu'est-ce qui vous a poussé à aborder des sujets contreversés comme le suicide chez les jeunes, l'euthanasie, la solitude, la pornographie juvénile, le danger de l'Internet?

    Réponse: Je suis quelqu'un qui est extrêmement sensible aux malheurs des autres. J'ai donc une facilité à faire le pont avec leur soufffrance.  Et je me dis que d'en parler dans le cadre d'un roman avec de l'humour et surtout d'inventer des personnages qui parviennent à s'en sortir et à découvrir le bonheur que ça peut aider des personnes quivivent la même chose à s'en sortir à leur tour. J'aurais une anecdote à raconter pour illustrer mon propos. Une lectrice dont le garçon vivait un épidose de drogue a été extrêmement encouragée lorsqu'elle a vu que le filleul du héros de mon premier roman parvenait à ne plus se droguer et qu'il reprenait goût à la vie.

    Journaliste: Quel beau témoignage!

    Réponse: Oui. Si mes romans parviennent à aider ne serait-ce qu'une seule personne mon but sera atteint. Vous savez, j'ai parlé du danger de l'Internet dans mon deuxième roman. Et je crois qu'il y a un manque de ce côté dans l'éducation de nos jeunes.  Je crois que l'école ne devrait pas s'en tenir à nous  montrer à manipuler un crayon, elle devrait aussi nous apprendre à faire la part des choses pour naviguer dans l'Internet en toute sécurité.

    Journaliste: Chose certaine, si les jeunes adolescentes lisent votre deuxième roman, elles auront un avant-goût des pièges de l'Internet.

    Réponses: C'est ce que j'espère de tout mon coeur.

    Journaliste: Vos romans reposent non seulement sur un mélange dramatique et humoristique mais ils contiennent aussi une trame policière. Pourquoi?

    Réponse: J'avoue que j'ai toujours eu un faible pour les romans policiers.  J'aime bien ce style qui joue au chat et à la souris avec les lecteurs et les lectrices. C'est normal que ce que j'aime fasse partie de mes romans.

    Journaliste: Il y a donc un peu de vous dans vos romans.

    Réponse: C'est probablement impossible d'écrire sans que notre sueur transpire dans nos textes. Les histoires que j'inventent empruntent mes opinions, mes rêves, mes valeurs pour faire un amalgame avec la société dans laquelle je vis. C'est certain que ceux qui me connaissent retrouve des parties de moi en me lisant.

    Journaliste: Quel personnage inventé de vos romans préférez-vous?

    Réponse: Mon personnage fétiche est sans contredit la tante Émilie avec sa sagesse, sa force de caractère et son humour. Elle sera certainement dans tous les romans que j'écrirai sur la série de la famille Lassonde.

    Journaliste: En quoi vos personnages vous ressemblent-ils?

    Réponse: Il y a l'humour et la force de caractère la tante Émilie et de Caroline, la naïveté de Nathalie et sa volonté de sauver le monde, la bonté et le romantisme de Jonathan et son rapport humain avec les autres et l'argent. Il y a aussi le goût du défi de la policière lorsqu'elle se lance à fond de train dans une enquête. Finalement, il y a la petite touche de bonté qu'on découvre dans des personnages moins drôles comme Léopold, le juge et même Monsieur Karl.

    Journaliste: Finalement, il y a un peu de vous dans chaque personnage.

    Réponse: Pas toujours mais je finis probablement par les polluer avec ma vision de la vie.

    Journaliste: Est-ce qu'il y a un danger de ne pas laisser évoluer les personnages?

    Réponse: Vous savez, on peut influencer un peu le caractère d'un personnage mais, à partir du moment où il est inventé, c'est lui qui prend le pouvoir sur son existence.

    Journaliste: Est-ce que ça peut aller jusqu'à écrire des choses que vous n'auriez pas écrites.

    Réponse: Certainement.  Les paroles et les pensées de Léopold dépassent de loin mes propres pensées.  J'ai souvent eu le goût de le sensurer mais il s'est imposé. Il a bien fallut que le lui donne la place qu'il réclamait.

    Journaliste: Est-ce que ça veut dire que vous n'êtes pas toujours vous-même lorsque vous écrivez?

    Réponse: Vous savez, je crois en l'existence d'un monde invisible où il y pleins d'êtres qui sont là pour nous aider. Et je crois que la magie que je vis en écrivant est un peu un échange avec une autre dimension.

    Journaliste: Dans vos livres, on sent justement une certaine dimension ésotérique ou spirituelle, pourquoi?

    Réponse: Je ne fais qu'effleurer le sujet dans mes romans sans vouloir l'imposer à qui que ce soit mais je suis convaincu qu'il est très important de se connecter avec la dimension spirituelle de l'être. Ici, je ne parle pas d'une croyance en Dieu mais d'une croyance à une dimension de l'être qui est autre chose que ce que nos yeux voient. La partie de nous qui est immortel, la pensée, la partie universelle, l'aura, l'âme,... Cette partie nous aide à garder le cap, à croire que tout est possible lorsque c'est impossible, à passer au travers des jours difficiles.

    Journaliste: Dans votre premier roman, vous faites un peu allusion au désespoir des jeunes qui ne croient plus en rien ce qui les amènent sur le chemin du suicide.

    Réponse.  Oui.  Lorsqu'on ne croit plus en rien, on peut parfois en venir à penser qu'on n'est plus rien, alors l'estime de soi prend toute une débarque. C'est le désespoir et la perte du goût de vivre. qui nous guettent. Si on se connecte sur la partie intérieure de notre être on touche à une dimension plus valorisante qui nous aide à avoir foi en nous. On débouche automatiquement sur l'espoir et le goût de vivre pour accomplir quelque chose. Les jeunes devraient avoir accès à des simples séances de méditation qui les aideraient à comprendre qu'il n'y a pas que l'image et le corps qui comptent dans la vie puisqu'en méditant on touche inévitablement à la dimension spirituelle de l'être.

    Journaliste: Ce que vous dites s'applique autant aux jeunes qu'aux adultes.

    Réponse: Oui. Et je me permets ici d'ouvrir une  parenthèse. Je tiends à préciser qu'il y a une différence entre la spiritualité de l'être et les religions.  Les religions sont des inventions de l'homme qui interprètent les enseignements de certains maîtres à leur façon en édictant des lois et des obligations pour respecter ces enseignements. Tout ceci est bon à la condition qu'il n'y ait pas d'abus de pouvoir.  Tant que la religion nous aide à évoluer, c'est parfait.  Mais lorsqu'une religion  nous enlève notre libre arbite, elle devient une nuisance.

    Journaliste: Parler vous de la nécessité de faire un schisme entre la spiritualité et les religions?

    Réponse: Les religions sont pavées de bonnes intentions. Il faut toutefois y piger ce qui est bon pour nous et ne pas s'y soumettre aveuglément comme des esclaves. Je peux être chrétien mais lorsque le pape dicte qu'il ne faut pas recourir à la contraception, ni à l'avortement, je n'écoute plus ce qu'il dit. Lorsqu'une personne médite, pèse le pour et le contre et qu'elle en vient à la conclusion dans son âme et conscience que l'avortement est préférable pour son équilibre, c'est correct surtout si cette expérience l'aide à évoluer et à être une meilleure mère ou un meilleur père lorsque ce sera le temps de fonder une famille. Apprendre et évoluer, c'est ça être connecté sur sa spiritualité.

    Journaliste: C'est étrange parce que votre philosophie de piger ce qui est bon dans les religions est proche de la philosophie de Samuel dans votre deuxième roman.


    Réponse: La preuve une fois de plus que les personnages sont parfois assez proche de leur auteur.

    Journaliste: Lorsque vous parlez, vous me semblez particulièrement attaché à vos personnages. Est-ce que ceci veux dire qu'ils vont vivre encore de nouvelles aventures et que vous nous préparez d'autres romans qui parleront de la famille Lassonde?

    Réponse: Je suis présentement en pleine rédaction de mon troisième roman et j'ai déjà le premier jet de mon quatrième roman qui est rédigé.

    Journaliste: Pourquoi rédigez-vous un troisième roman après que le quarième soit déjà ébauché?

    Réponse: Au départ, mon quatrième roman était sensé être la suite du «Drôle de pigeon!» mais une idée imprévue a fait en sorte qu'il y en a un nouveau qui s'est inséré entre les deux.


    Journaliste: Pouvez-vous nous parler un peu du sujet de votre troisième roman?

    Réponse: Certainement, cette fois-ci je parlerai de la problématique des couples infertiles et de leurs désirs d'avoir des enfants ou non. Pour l'instant, c'est le départ de mon idée à laquelle je grefferai bien entendu les manigances de monsieur Karl. Je peux vous dire que tante Émilie ne chômera pas.

    Journaliste: Votre sujet est vraiment en relation avec le titre de votre roman qui s'intitule: L'absence de la cigogne.

    Réponse:  En effet, le titre résume vraiment le sujet central de mon récit.


    Journaliste: Une fois de plus votre récit s'attaque à un sujet tragique.

    Réponse: C'est vrai, mais la tante Émilie viendra une fois de plus ajouter une touche d'humour qui allège le drame sans toutefois en éclipser sa dimension plus pathétique.


    Journaliste: Je vous souhaite que votre troisième publication porte un vif succès et j'imagine que nos pourrons discuter  nouveau d'un quatrième roman

    Réponse: Certainement!

    Journaliste: Avant de nous quitter, j'aimerais aborder votre façon de trouver du temps pour écrire. Comment y parvenez-vous?

    Réponse: Je n'écoute pas le télévision et j'empiète parfois sur mon sommeil.

    Journaliste: Vous avez parlé de votre blogue et de la promotion de vos romans. Pour un nouvel écrivain, j'imagine que c'est tout un défi que de se faire connaître.

    Réponse: C'est un bon défi que j'aime bien relever puisqu'il nous rend créatif comme je l'ai fait en montant mon blogue. 

    Journaliste: Vous avez raison de dire que vous avez mis beaucoup de créativité dans la réalisation de votre blogue.

    Journaliste: Depuis 2005, je crois que vous avez eu la chance d'être invité aux Salons du livre de Montréal et de Québec. Comment avez-vous aimé votre expérience?

    Réponse : Fantastique! J'ai énormément aimé rencontrer les lecteurs et  les lectrices et quelques auteurs connus comme Janette Bertrand. L'échange avec les lecteurs et lectrices nous permettent aussi d'appendre ce qui les intéressent chez moi, ma façon d'être et d'écrire. C'est un excellent moyen pour apprendre à communiquer et échanger avec les autres.

    Journaliste: Y a-t-il quelque chose de particulier que vous auriez à mentionner suite à votre présence à quelques Salons du livre?

    Réponse: Je trouve que la population en général n'ose pas parler aux écrivains comme si elle avait peur qu'on juge leurs fautes d'orthographes ou comme si elle croyait qu'il ne sont pas digne de nous adresser la parole.  Je crois que l'artiste est parfois placé sur un piédestal ou que la popularité fait en sorte que le monde ordinaire ne se sent pas à la hauteur. Dans un Salon du livre, j'ai vu des écrivains connus que personne ne va voir. C'est dommage parce qu'une visite au Salon du livre nous donne justement l'occasion de parler avec des personnes vivantes au lieu de parler à quelque chose d'inerte comme un livre. Vous savez, écrire c'est un acte très solitaire alors, c'est triste de se sentir seul dans un Salon du livre lorsque personne ose briser le silence. En plus, c'est tellement merveilleux de parler avec une peronne qui a lu l'un de nos livres. Ça nous aide à grandir et à s'améliorer pour les livres que nous écrirons. Pour ma part, je n'ai jamais hésité à aller chercher le monde et à me présenter à eux simplement pour avoir la chance d'échanger quelques paroles, des sourires.
     
    Journaliste: Je crois que votre méthode s'est avérée gagnante.

    Réponse: Oui.

    Journaliste: Je vous souhait d'avoir l'opportunité de continuer à échanger avec les lecteurs et lectrices.


    Réponse: C'est l'un des mes plus grands souhaits.
     

    Journaliste: Je vous remercie d'avoir pris la peine de répondre à mes questions. Bonne continuité de carrière d'écrivain.

    Réponse: Merci. J'ai énormément apprécié notre rencontre virtuelle.









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