• Voici un article de presse récemment diffusé vous informant sur le métier d'architecte paysagiste que j'assume dans ma vie de tous les jours.

    Quand route et paysage s’harmonisent, l’environnement prend tout son sens!

     Entrevue virtuelle

    Fabien Lecours, architecte-paysagiste à la Direction de la Chaudière-AppalachesPhoto : France Charrier

     

     

    France CharrierConseillère en communication, Direction des communications

     

    Au Ministère, l’architecte-paysagiste est une denrée rare 1 . Pourtant, il entretient une relation presque romantique avec l’environnement, là où le réseau routier s’étend.

    Dans le cadre d’un nouveau projet ou de la correction du tracé d’une route, l’architecte-paysagiste voit au confort et à la sécurité des différents règnes (végétal, animal, humain). Il perçoit l’avantage de marier le fonctionnel à l’esthétique, participe à la synergie des compétences multidisciplinaires du service et crée des « ponts » entre le Ministère et les milieux municipaux pour qu’intérêts et aspirations convergent au meilleur coût possible. De plus, il utilise les outils à sa disposition (végétaux, engazonnement, armature végétale) pour assurer la stabilisation des sols et contribuer ainsi à la pérennité des ouvrages.

    Voir , percevoir, prévoir en 3 dimensions

    En Chaudière-Appalaches, Fabien Lecours considère les différentes dimensions du paysage et s’insinue à en exalter le sens. Pas simplement le directionnel, mais celui chargé de significations par les gens du milieu. Au Ministère depuis 25 ans, cet homme au regard pétillant vise le sens de l’esthétique et l’élégance des moyens pour y arriver, ne perdant jamais de vue la protection de l’environnement et le développement durable.

    Parmi les piles de documents rassemblés sur la table et les échantillons de cordes tressées dont je comprendrai l’utilité plus tard, Fabien entame le sujet, à peine entré dans la salle d’entrevue.

    « Pour l’architecte-paysagiste, une étude visuelle sur le paysage du milieu qu’il est appelé à modifier est le premier pas à franchir pour étudier tous les éléments qui le composent et qui peuvent influencer les résultats du projet. Comment et par qui (commerçants, résidents, administration municipale) est vu et perçu le paysage est aussi un aspect essentiel qu’il considère pour une métamorphose optimale.

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    Bassin de rétention d’eau pour créer des habitats fauniques dans les bretelles de l’échangeur de la route du Golf à Beauceville. Photo : Fabien Lecours

    « La participation de l’architecte-paysagiste débute dès l’étude d’opportunité, précise notre spécialiste. À l’étape d’une étude de tracés et lors de l’élaboration d’un avant-projet, nous découpons le paysage en unités. Nous analysons sa visibilité, sa cohérence, son intérêt afin de lui attribuer une valeur environnementale. Plus tard, l’étude d’impact débouche sur l’élaboration de cartes d’impacts. Pour chacun d’eux, une mesure d’atténuation est proposée, réduisant les effets négatifs ou tirant partie d’une opportunité de mise en valeur, s’il y a lieu. Ainsi, des zones d’empierrement seront couvertes de végétaux, des bordures de cours d’eau perturbées seront végétalisées, des plantations s’harmoniseront aux boisés existants, des sablières seront verdies, des écrans visuels seront érigés, des aménagements incitant à diminuer la vitesse de roulement tempèreront la circulation à l’entrée d’une agglomération, etc.

    « Contrairement à ce que plusieurs pensent, l’architecture paysagère c’est plus que du maquillage. Dans le domaine du transport, les réalités sont souvent complexes. Elles comportent des aspects légaux, de sécurité des usagers, de culture locale, d’environnement, de biodiversité, de préservation des ressources, d’ingénierie, bien évidemment. C’est donc la mise en relation d’information scientifique, technique et culturelle qui nous permet d’échafauder des scénarios et d’élaborer par la suite les plans et devis », poursuit Fabien.

     

    Une équipe multidisciplinaire, complémentaire

    Fabien exerce sa profession avec Karine Morel, qui a une formation en horticulture. Tous deux travaillent dans le secteur de l’environnement du Service des inventaires et du Plan. Ce dernier est aussi constitué des secteurs liés à la biologie, à la faune, à l’urbanisme, à l’aménagement du territoire.

    « C’est le Service des inventaires et du Plan qui entreprend les projets à la suite de demandes résultant soit d’un problème cerné par une municipalité, soit à la suite d’accidents ou en raison d’une anomalie détectée sur le réseau routier, soit dans le contexte d’un nouveau projet. C’est ici qu’on analyse les besoins », affirme-t-il.

    « Faire l’inventaire, c’est procéder à l’analyse du paysage et des observateurs, les fixes comme ceux qui se déplacent dans l’environnement concerné (cyclistes, résidents, touristes, etc.). Notre travail est articulé autour de trois fonctions : le confort et la sécurité des usagers, la technique (stabilisation de talus, de sols, contrôle de l’enneigement) et l’esthétique.

    « Je travaille avec les collègues de différentes disciplines, mais aussi avec les municipalités. Nous devons considérer leur règlementation, consulter les guides touristiques et nous enquérir de projets potentiels d’aménagement sur leur territoire. »

    Son esprit : préserver, valoriser, renforcer le sens

     

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    Mise en valeur exécutée par la municipalité de Laurier-Station à l’occasion du réaménagement du boulevard Laurier. Photo : Fabien Lecours

    Outre la réalisation fonctionnelle d’un projet, Fabien doit composer avec les nombreuses variables du monde vivant, inévitablement touché par les travaux du Ministère. «  Le développement durable nous amène à axer nos interventions en harmonie avec la nature et ses écosystèmes, et à préserver la qualité de vie. Ce sont les orientations ministérielles, mais aussi gouvernementales.

    « Par ailleurs, la conscience globale de plus en plus aigüe que nous avons collectivement commande que nous intégrions ces ensembles dans un tout cohérent. Ainsi est née la notion de valorisation des ressources en place. Certaines de nos réalisations deviennent même identitaires. » Son plus récent projet, le réaménagement du boulevard Laurier à Laurier-Station, en est un exemple. Le maire de la ville a profité de cette réhabilitation pour acheter le terrain qui devait être exproprié et l’aménager en parc avec une fontaine, aux abords de l’artère. Cette dernière, dorénavant plus attrayante, est devenue la porte d’entrée de la ville et un lieu d’accueil pour les résidents.

    Des tonnes de façons de faire, mais privilégier les forces du vivant

    Bande boisée, bassin de rétention d’eau, trappe à neige, sautoir, matelas de stabilisation des pentes (tapis de cordes tressées déposés sur la table), technique de nivellement ou de dénivellement de terrain, carrefour giratoire, l’imagination de Fabien n’a pas de limite pour préserver la sécurité des usagers, atténuer les contraintes d’un projet routier ou embellir un coin de paysage. Ce ne sont que des exemples de sa batterie de moyens.

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    Brise-vent en bandes boisées exécuté à Saint-Évariste en bordure de la route 108 pour le contrôle de la neige.
    Photo : Fabien Lecours

    Au fil des ans, Fabien a appris à maîtriser la conception de brise-vents pour améliorer les conditions de conduite hivernale. « C’est un élément de sécurité très important dans certains endroits périlleux, si je pense à l’autoroute 20 vis-à-vis de Saint-Michel-de-Bellechasse ou à la route 277 à Saint-Henri et Saint-Anselme, affirme-t-il. Mais nous disposons de plusieurs options, selon les conditions naturelles du milieu. Une bande boisée s’avère souvent plus efficace qu’une clôture, en plus de produire un habitat faunique et de participer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le seul hic, c’est de diversifier les essences d’arbres pour prévenir les attaques d’insectes qui pourraient détériorer le brise-vent. Des monticules surplombés de plantations servent aussi de brise-vent. Les plantations offrent beaucoup plus d’avantages et empêchent la neige d’arriver sur la route. Même la couleur des végétaux pour l’aménagement de ces carrefours est pensée en fonction de la sécurité, le jaune marquant la vigilance et l’attention, en saison chaude, bien sûr!

    Enfin, selon la géographie des régions, le type de brise-vent peut différer », conclut-il.

    Ses réalisations actuelles et passées

    Vous pouvez imaginer que, depuis 25 ans, Fabien a réalisé beaucoup de projets en Chaudière-Appalaches, dans l’est du Québec jusqu’à Amqui, à La Baie, après le déluge de 1996. Il a travaillé sur le projet de carrefour giratoire de Saint-Henri-de-Lévis, à l’aménagement paysager de l’autoroute 73, au verdissement de la porte d’entrée de Beauceville et sur différents axes routiers problématiques de la région.

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    Insertion du tracé de la route 132 dans la traversée de l'agglomération d'Amqui.
    Photo : Fabien Lecours

    Un projet dont il est particulièrement fier et qui illustre toutes les précautions qui sont prises est celui de l’artère 132 à Amqui. « Le projet initial prévoyait une route à quatre voies. Sur le plan fonctionnel, c’était « cinq étoiles »; au point de vue de l’intégration dans le milieu, la cassure était totale. Nous nous sommes concertés et avons approfondi notre analyse. Nous en sommes arrivés à une vision plus globale qui justifiait la modification de la première conception tout en réunissant les volets sécurité, fonctionnalité, signification, en plus d’y ajouter une touche d’esthétique. Nous avons marié d’autres volontés du milieu, de sorte que le projet est devenu une réalisation collective : la Ville d’Amqui et les commerçants de l’arrondissement immédiat ont contribué financièrement à embellir le projet. Une option gagnante qui a confirmé la vocation de la ville comme étant un lieu urbain.

    Les tendances à l’horizon 

    « Présentement, nous recourons à la 3D pour illustrer la finalité d’un projet et faciliter la compréhension de nos interventions par les citoyens. Au lieu d’être utilisé à la fin d’un projet, la 3D pourrait devenir un outil de design au service du concepteur pour l’assister dans la validation de l’intervention qu’il propose (distance de visibilité, emplacement d’un écran visuel, etc.). Un jour, ce sera certainement normal de fonctionner ainsi, fait remarquer Fabien.

    « Nos approches sont axées sur la valorisation des milieux et la préservation de la flore et de la faune. Nos projets routiers doivent s’intégrer, voire se fondre harmonieusement dans le paysage. Jumeler les besoins et les intérêts, réduire les contraintes et embellir dans la mesure du possible, voici les objectifs que je cherche constamment à atteindre.

    « Cette profession jumelle mon côté artiste et mon goût pour la nature. De plus, le fait de travailler dans et avec les municipalités me garde en lien avec mes origines rurales. Originaire de la Montérégie, j’ai été élevé sur une ferme. En choisissant cette profession un peu par hasard, j’ai réuni plusieurs de mes intérêts. Que demander de mieux? »

    En terminant, j’en profite pour mentionner que Fabien Lecours a deux romans à son actif et qu’il travaille présentement à un troisième. Au plaisir de le lire!

    1 Présentement, il reste sept architectes-paysagistes au Ministère : deux à la Direction de la Capitale-Nationale, deux à la Direction de l’Est-de-la-Montérégie, un à la Direction de l’Île-de-Montréal, un au Service de l’environnement et Fabien Lecours à la Direction de la Chaudière-Appalaches.

     

     

    Biographie:

     

       Ma petite famille.  Moi-même, Simon et Aline
     
    LIGNE DE VIE:

    Je suis né à Saint-Antoine-sur-Richelieu.

    J'ai eu la chance de vivre sur une ferme laitière et de profiter de la rivière Richelieu: pêche, glissade, baignade, patinage...

    J'ai obtenu un diplôme en Architecture de paysage à l'Université de Montréal.

    Au début de ma carrière, j'ai travaillé à Trois-Rivières et par la suite à Québec là, où j'ai rencontré l'amour de ma vie: Aline.

    Je vis maintenant à Cap-Rouge à quelques minutes d'une rivière et du fleuve.

    MES RÉALISATIONS: 

    Je faisais partie du comité fondateur de la bibliothèque muncipale dans ma paroisse natale.

    J'ai été impliqué dans les organisations des loisirs: carnaval, rally, exposition artisanale.

    Mes implications dans le théâtre amateur m'ont permis de vaincre ma timidité.

    Même si je ne connaissais pas la musique, j'ai déjà dirigé une chorale pour l'organisation de messes animées.

    J'ai publié mon premier roman chez les Éditions Atma en mars 2005 et mon deuxième roman chez les Éditions Pour Tous en avril 2008.

    Participation au Salon du Livre de Québec en 2005, 2006 et 2009 et au Salon du livre de Montréal en 2005 et 2008

    POUR EN SAVOIR DAVANTAGE, CONSULTEZ MA CHRONIQUE : DES EXTRAS!.
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