• Un extrait de mon premier roman

    Comme un chien dans un jeu de quilles!

    Extrait

     

    Jonathan criait à l'injustice. Il n'avait pas franchi mers et mondes dans l'intention d'être mis chaos au premier round.  Personne ne pouvait s'immiscer contre son droit de visite.  Maintenant qu'il savait sa mère à l'article de la mort, il devait la voir, la toucher, la dorloter, l'entourer...
    -Je veux la voir immédiatement! insista Jonathan.

    L'armoire de muscles déplaça Jonathan dans la mauvaise direction.

    -Ceux qui prennent le droit de disparaître pendant six ans peuvent bien attendre.  D'ailleurs, je trouve l'heure de ton arrivée un peu louche.  De quel droit sors-tu de nulle part juste au moment où ta mère menace de mourir?  Ton apparition sent le courailleux d'héritage.  Il faut avoir du front tout le tour de la tête, pour oser réclamer ta part, après le grabuge que tu nous as fait endurer.  Des sangsues de ton espèce méritent d'être exterminées comme des coquerelles!

    L'héritage!  Le beau-frère déraillait en bibitte!  Si quelqu'un ici couraillait un héritage, ce n'était pas Jonathan.  Il aurait désisté sa part sans hésitation en faveur d'une audience auprès de sa mère.  Il la sentait si proche, si accessible... Sans l'embâcle musclé de son beau-frère, il serait déjà à son chevet...

    -J'ai le droit de voir ma mère.  Jusqu'à preuve du contraire, je fais partie de la famille! indiqua Jonathan.

    La requête de Jonathan sembla alerter la totalité des muscles de son beau-frère.  La brute était sur le point d'éclater comme du pop corn.

    -J'ai l'impression que ton séjour en Europe a déprogrammé la noix de coco qui te sert de cerveau.  Travaille ta mémoire, bonhomme! C'est urgent!  As-tu oublié la mort de ton père?  As-tu oublié le scandale qui a éclaboussé toute ta famille?  La province commence à peine de nous pardonner ta gaffe.  Et tu oses réclamer ton droit d'appartenir à la famille!  Je regrette bonhomme!  Oublie tes liens de parenté.  Retourne d'où tu viens.  J'ai assez vu ta face hypocrite de sainte nitouche. Dégage le plancher. 

    -Je n'ai pas tué mon père, cria Jonathan.

    -Permets-moi de douter de ton innocence.  Les apparences penchent plutôt du côté de ta culpabilité.  Attends que la police te mette le grappin dessus.  Tu ne feras plus le fanfaron, menaça le beau-frère avec un sourire de bourreau.

    -Je te jure que je suis innocent, répéta Jonathan.

    L'insistance déclencha une grimace un peu dégoulinante sur le visage du beau-frère.

    - Arrêtes de mentir.  Ta face hypocrite de sainte-nitouche commence vraiment à me donner envie de vomir.

    Les muscles de la brute entraient en éruption.  Le roulement de son haleine sonnait l'alerte!  Le beau-frère se préparait à charger.  Jonathan ne lâcha pas l'élan de son désir d'effectuer une percée jusqu'à sa mère.  Il voulait tellement voir sa mère et il la verrait coûte que coûte.  Il tenta de bousculer son beau-frère.  D'un seul bond, Goliath acheva de coincer Jonathan contre le mur. Il le hissa doucement vers le plafond.  Les pieds de Jonathan ne touchaient plus le sol.  L'entrée d'oxygène commença à se raréfier.

    Je veux voir ma mère, exigea Jonathan à bout de souffle.

    La requête jeta le dernier baril d'huile sur le feu.

    -C'est mon dernier avertissement, lança le beau-frère.  Tu as le choix entre sortir par tes propres moyens, ou effectuer un vol plané au bout de mes bras.

    Le beau-frère n'y allait pas avec le dos de la cuillère.  Il avait une vocation insoupçonnée de videur de bar.  Avant de battre en retraite, Jonathan risqua un ultime atout.

    -Nathalie, décocha-t-il.  Tu ne peux pas m'empêcher de voir maman!

    Aucun signe de vie.  La silhouette de sa soeur demeura de marbre.  Jonathan poussa un cri télépathique.  Il arma son regard.  Il crispa le peu de muscles solides que la nature lui avait donné.  Sa tactique poussa davantage son beau-frère à resserrer ses crocs.

    -N'insiste pas bonhomme!  Un geste de plus et, je t'écrase comme un puceron, expliqua le beau-frère poussant sa compression à la limite de la rupture des os.

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